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Démarche artistique / Artist statement

''Mon travail photographique est exclusivement analogique. J'ai commencé à l'âge de 16 ans la découverte du développement à la main et du tirage argentique. Après plusieurs années d'exploration du medium Polaroid autour duquel l'ensemble de mes séries s'est articulé, je suis peu à peu revenue à mon premier amour, le 35mm.

Mes séries de photographies sont le fruit de recherches axées sur le concept de résilience dont parle le neuropsychiatre français Boris Cyrulnik : ''Comme dans tout développement, on ne pourra parler de résilience que longtemps après, lorsque l'adulte enfin réparé avouera le fracas de son enfance. La résilience constitue donc un processus naturel qui se tricote avec ses milieux écologiques, affectifs et verbaux.''. La résilience s'est d'abord inscrite dans mon travail par l'intermédiaire de plusieurs séries d'autoportraits au coeur desquelles j'ai moi-même incarné l'objet de mon étude. Il s'agissait alors de questionner mes propres contours face à l'adversité née de plusieurs drames personnels, nichés dans l'enfance et l'adolescence. La série Stratégies de douce résilience, créée en 2013 et prolongée jusqu'en 2017, regroupe une trentaine d'auto-portraits au Polaroid dans lesquels je me mets en scène au sein de ce que je nomme les refuges, soit les lieux d'apaisement, de repli, dans la nature ou dans des écrins de douceur, comme ceux dans lequel un enfant se met à l'abri.

Cette série trouve ses sources d'inspiration dans la littérature et notamment dans l'oeuvre de Virginia Woolf, The waves (1931).

Une autre série personnelle réalisée en Gaspésie (Québec, Canada) avec un appareil Lomography, Souvenirs de brume est empreinte de cette même obsession pour la résilience. Dans un décor désertique, minimaliste, empli de paisibilité, c'est la question du deuil qui jalone les images, impregné par l'ouvrage L'Eau et les rêves de Gaston Bachelard (1942).

En 2017, mon travail prend un tournant plus documentaire. Tout en me concentrant toujours sur le fil d'Ariane de mes recherches, je me tourne cette fois vers l'Autre. J'entame alors un projet important intitulé Fovea qui met en lumière des jeunes québécois malvoyants et aveugles. La résilience est ici évidente et extraordinairement palpable. Ce projet, nourri par de nombreuses rencontres, est destiné à prendre plusieurs formes, au delà de la simple série photographique.

Fovea rassemble à la fois des photographies 35mm Noir et Blanc développées à la main, des Polaroids couleur, un documentaire sonore ainsi qu'une description des images en gros cacartères et en braille afin de garantir une accessibilité totale et pour tous au moment de l'exposition. Au delà de la poésie des images, c'est un regard tendre et lumineux que ce travail vise à relater, avec force et bienveillance.''

 


© Michael Abril - 2017